30 ans, célibataire, un enfant, permis B.

Isaac Frelon

La quatrième de couverture

« Toute la boite la voulait, je l’ai donc voulue. Elle me laissait des semaines sans nouvelles, je l’ai donc aimée.
Pourtant tout le monde le sait, on ne tombe jamais aussi bas que lorsque l’on tombe amoureux. Quand une fille vous appelle c’est mauvais signe, il y a les textos pour les « Sa va ?» ou les « tu fé koi se soir ? » ou autres messages codés qui signifient « Du sexe ce soir ça te dit ? ». Mais quand elle vous dit «faut qu’on parle » c’est franchement inquiétant. Ils devraient relancer une campagne contre le sida à la télé, j’aurais peut être mis une capote. »

Par ce premier roman, Isaac Frelon nous offre le One Man Show d’un homme qui se livre complètement, pour le meilleur et pour le pire. Un homme qui refuse la suprématie des femmes sur les hommes… et l’inégalité des sexes.
Cette façade cynique cache la douleur touchante d’un père et son combat pour son enfant.

Orthograve …

… sur http://isaacfrelon.wordpress.com/

Chronique d’un jeune écrivain ou l’aventure de la publication de mon premier roman

« Si elle était belle, elle me plairait » sur http://isaacfrelon.wordpress.com/

Eh dis, si on allait où l’on n’a pas pied

Il y a de cela un an, presque jour pour jour, https://30anscelibataireunenfantpermisb.wordpress.com/ naquit dans un monde dématérialisé. Ce blog m’a permis de proposer aux lecteurs une chronique romancée, et ce durant plusieurs mois. Cette histoire a subi une mise en abîme soudaine en début d’année. Au 27ème article, je dus interrompre précipitamment le site et le rendre privé.

Suite à cela, j’ai tout de même terminé mon histoire, il lui fallait une fin. Galvanisé par vos commentaires, je décidai de tout imprimer et de l’envoyer à une maison d’édition. Cette dernière m’a rappelé dix jours plus tard me proposant de publier sous forme de roman.

C’est une nouvelle aventure qui commence. Et par conséquent, un nouveau blog

http://isaacfrelon.wordpress.com/

A travers lui je vous conterai, entre autre, l’aventure de la publication de mon premier roman. Et je poursuivrai mon histoire aussi… Car au final… il n’y a jamais vraiment de fin.

2 – Fuis moi je te suis, suis moi je te fuis

Quand on aime quelqu’un, on aime tout de cette . Ses défauts sont mignons, sa manière de monter dans les aigües quand elle crie, son léger embonpoint, il te rassure. Son visage se fend d’un sourire et tu serais prêt à mourir pour elle. Je ne supportais plus le sourire de Julie, son rire me faisait l’effet du délicat contact d’un ongle sur un tableau noir. Ses fesses charnues, ses petits seins, tout, rien, je ne supportais plus rien chez . J’en ai donc conclu que je ne l’aimais pas.

Ou je ne l’aimais . En effet, au début de notre relation je l’appelais ma princesse, ma puce, mon amour, traduction : gnagnagna. À croire que ses fesses charnues étaient accueillantes. Mais un jour, je l’ai vu pisser et je crois que le bruit de l’urine projetée à grande vitesse sur la céramique sonna le glas de notre vie sexuelle dans un premier , et amoureuse par ricochet. Au début, on est proche, on se susurre des mots doux à l’oreille. Mais après quelques mois, on . Voilà pourquoi on crie : pour se faire entendre.

À ce moment-là, nous n’étions pas encore au paroxysme du bonheur de la vie de couple. La période qui suit celle des engueulades est bien plus intéressante, le silence. Quoi de pire que de vivre aux côtés de quelqu’un qui vous jette son dédain au visage ? Le mépris ostensible.

Voilà, deux-cent-trente-six mots pour résumer une histoire de sept ans, c’est dire à quel point elle était ennuyeuse. À son départ, je me souviens avoir organisé une FreeNight* pour fêter, comme il se doit, ma libération. Oui c’est salaud je sais, car j’ai certainement perdu sept ans de ma vie amoureuse, mais pas sexuelle. Julie a dû supporter mes frasques, du moins celles qu’elle découvrait. Je ne sais pas si je la trompais pour la punir de ne pas me rendre amoureux d’elle ou pour le sport, la perf’, les stats’, l’égo quoi.

Black √

Névrosée n°1 √

Blonde √

Névrosée n°2 √

Petite √

Névrosée n°3 √

Jeune et névrosée √

 

Malgré cela, Julie est restée. Diminuant d’autant son pouvoir d’attraction. Nous sommes étrangement constitués. Nous sommes attirés par ce qui nous repousse et, nous n’avons aucune passion pour ce qui nous court après. Le principe « suis moi je te fuis, fuis moi je te suis » s’est vérifié par la fin de ma relation avec Julie, mais ce fut encore plus flagrant avec Célia.

 

 

*Morceaux passés au cours de la FreeNight :

1 – Dylan grince

Drôle d’époque que celle dans laquelle mes contemporains et moi vivons. Nous sommes arrivés trop tard pour voir Hendrix sur scène, nous ne sommes même pas sur le bon continent. Les pierres ont amassées mousse, Dylan grince, les scarabées se sont envolés et la grande porte s’est fermée sur le Père-Lachaise. Il ne nous reste plus que des poussières d’une comète qui se désintègre dans l’atmosphère numérique.

Je me présente, Isaac.

Ne vous y fiez pas, je ne suis pas juif. Je ne suis pas black. Taille : moyenne, classe : moyenne. Je ne suis ni riche ni pauvre, signe particulier : néant. Je vis dans une petite ville de la province française sur la partie grise du littoral. Je n’ai même pas la particularité de ne pas en avoir. Métier : inintéressant.

J’ai tout fait pour atteindre le Graal, le summum du bonheur garanti sur facture, celui vendu par des années de propagande, la vie inintéressante, sans surprises, la maison, l’enfant virgule huit, le Scénic garé dans l’allée en gravier et le portail qui se ferme tout seul pour que le Golden Retriever ne s’enfuie pas du paradis. Mais la vie m’a appris à faire sans, et après réflexion, je l’en remercie. On a violé mes certitudes.

Si aujourd’hui, devant un type que je déteste déjà sans l’avoir rencontré, je m’apprête à me livrer à l’exercice le plus égocentrique qui soit, à savoir lui expliquer à quel point je suis génial, c’est pour poser la première pierre de ma nouvelle vie.

Tout ça a commencé quand j’ai rencontré Célia.

Non bien avant cela, bien avant d’être père.

Julie.

Incipit

Ça y est, c’est le jour J.

 

C’est aujourd’hui que tout se joue.

 

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Dans cinq minutes, un homme dégarni débarquera dans cette salle d’attente à la décoration épurée. Il portera une magnifique cravate verte assortie avec quelque chose de sa garde-robe peut-être, mais rien de ce qu’il ne porte aujourd’hui. Je devrai poser le journal interne de l’entreprise datant de juillet 2003 que j’ai dans les mains. De toute façon, il ne m’apprend rien puisqu’après avoir accepté cet entretien, je suis allé sur le site de la boîte afin de glaner des informations, il faut paraitre intéressé par le domaine d’activité de l’entreprise où l’on postule même si on s’en fout.

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Il me fera entrer dans son bureau, me questionnera sur mon parcours professionnel. Et moi, de mon côté, je m’efforcerai de lui expliquer pourquoi je suis celui tout indiqué pour le poste qu’il offre.

 

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Parce que j’ai une maison à payer ? Un enfant à nourrir ? L’IPad mini à acheter afin de le synchroniser avec mon IPhone 5S ? Parce qu’il me faut le canapé Karlstad, parce qu’il est modulable et qu’il est assorti à la table basse Tofterid ? Parce qu’il me faut toutes ces choses pour enfin être heureux ? Parce que je voulais faire respirer ma cravate qui croupissait au fond d’un tiroir depuis le mariage d’un cousin et de sa femme obèse ?

 

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Non, je lui énumérerai les différentes étapes de mon cursus professionnel qu’il a sous les yeux. Parcours soigneusement rédigé par mon imprimante sur une feuille A4 parce que c’est comme ça qu’il faut faire. C’est ce qu’on vous apprend en s, vous résumer en une feuille A4. Ne surtout pas oublier d’enjoliver.

 

m-1

 

Après plusieurs entretiens, on devient expert en rédaction de CV, le mien est proche de la perfection, les seules choses vraies dans sont les premières lignes :

 

Isaac Frelon

30 ans, Célibataire, un enfant, Permis B.

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